Historique
Histoire de Lussery-Villars
Les armoiries
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Coupé au 1 d'argent semé de billettes de sable, au lion naissant du même lampassé de gueules; au 2 de sable à trois barres d'argent, à la demi-roue de moulin d'or, mouvant de la partition et brochant. La partie supérieure rappelle les armes de la famille de Gingins dont la branche posséda la seigneurie de Lussery-Villars aux XVIIè et XVIIIè siècles. La demi-roue de la partie inférieure évoque les moulins du village de Lussery, que la Venoge faisait tourner tout recemment encore. La partie inférieure du coupé est reprise à des armoiries qui figurent sur une ancienne maison de Villars. |
Fusion de deux communes
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Les communes de Lussery et Villars-Lussery ont fusionné le 1er janvier 1999. Géographiquement, Lussery et Villars-Lussery se touchaient et leur collaboration ne datait pas d'hier : en 1750, la première misait déjà des terres à la seconde. Eau, école, pompiers,église et abri de protection civile furent mis en commun au cours des ans. Le 4 mars 1986, lors d'une séance intercommunale, un grand pas vers le rapprochement fut franchi. Les deux communes acceptèrent une nouvelle répartition des charges et des revenus relatifs aux biens administrés en commun, à raison de 50% chacune. Puis, conscients des économies de ressources humaines indéniables que permettrait de réaliser la fusion des deux villages, les membres des conseils généraux de Lussery et Villars-Lussery ont accepté d'entrer en matière en date du 29 mai 1997. De nombreuses séances furent consacrées à l'étude des structures, des règlements existants, des comptabilités respectives, afin de choisir les éléments les plus favorables aux citoyens et une administration moderne et rationnelle de la nouvelle commune d'une part, à la sauvegarde du patrimoine acquis, d'autre part. Conformément à l'article 107 de la Loi sur les communes, cette convention a été adoptée par les deux Conseils généraux intéressés en date du 29 janvier 1998 Il s'agissait de la première fusion dans le canton de Vaud depuis 1969, date à laquelle les communes de Romainmôtier et d'Envy ont uni leur destinée.
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Village de chez nous VILLARS et LUSSERY
(Article retrouvé dans des documents communaux)
| Posés tout près l'un de l'autre, sur la pente douce qui descend vers la vallée de la Venoge, ils semblent vraiment, des frères jumeaux. Lorsque, passant en train, à quelques centaines de mètres d'eux, on les voit ainsi, à tel point ressemblants, faits de ces belles fermes de chez nous, burinées par le soleil et les ans, on a peine à croire que ce sont là deux communautés bien distinctes, deux communes ayant chacune son administration, ses problèmes et (disons : parfois) ses propres soucis...
Il n'en fut pas ainsi de tous temps. En effet, la seigneurie de Lussery-Villars ne formait autrefois qu'une seule communauté, avec un conseil de douze membres. Elle possédait sa cour de justice, formée d'un châtelain et de six jurés. Avec le temps, cela a changé. Il n'y a plus de seigneurie, mais deux villages, liés par leur école, où grimauds de Lussery et de Villars viennent apprendre à lire et à écrire. Liés par leur salle de culte, par le projet d'ériger, entre les deux villages, cette chapelle qu'ils appellent de leurs voeux.
Villars. Et Lussery. Le site est charmant, les terres, bien exposées, fertiles. Il n'est pas surprenant qu'on trouve mention très tôt de ces deux noms, ce d'autant plus que la voie romaine, allant d'Urba à Lousonna, passait par là. Il n'est rien de nouveau sous le soleil. Des agglomérations, toujours, se sont fondées non loin des grands passages!
Une seule, ici, ou deux ? J'incline à croire deux, car les noms, Luxerie, ou Luxuries, et Villars se retrouvent. Mais liés. Ils appartenaient aux Grandson, et aux Cossonay qui furent probablement, tout comme l'étaient les La Sarra, une branche des Grandson.
Règne. des grands propriétaires : les seigneurs, ou l'Eglise, qui dans les temps anciens était souvent puissance davantage attachée au temporel qu'au spirituel, possédaient le pays. Les paysans-serfs, nos ancêtres, travaillaient, courbant humblement le dos, n'osant pas même espérer qu'un jour leurs descendants seraient propriétaires des champs qui buvaient leurs sueurs !
Si puissant que l'on soit, Eglise, couvent ou seigneur, il arrive qu'on ait de pressants besoins d'argent. Alors on vend. On vend un village, des droits. C'est ainsi que, dès 1280 environ, Lussery et Villars appartiennent aux sires de Joux. Puis, successivement, ils passèrent aux Montsaugeon, puis aux Gléresse, enfin aux Aubonne et aux d'Aspelin de Rarogne, seigneurs de Bavois et de Ballaigues.
Durant ce temps, la puissance voisine, la baronnie de La Sarra avait vu les événements se succéder, dans les murs de son château fort. Les derniers descendants, par branche féminine, des La Sarra/Grandson s'étaient éteints. La baronnie avait passé entre les mains des Gingins-Divonne, héritiers des susnommés, puis en 1623, s'était fractionnée entre les mains des quatre fils de son seigneur. Celui qui hérita les terres d'Eclépens, Albert, parait avoir été un homme avisé et ambitieux. Par des achats successifs il grignota, en quelque sorte, les terres de Villars et Lussery qui bientôt furent toutes entre ses mains. Elles y demeurèrent jusqu'au jour où un vent de liberté, soufflant de l'ouest réveilla la classe serve. Sourdement, la révolte fermentait, commença ci et là à gronder.
Hommes cultivés, magistrats bernois, ayant par cela une vue étendue sur tout ce qui se passait, les Gingins-La Sarra sentaient venir le grain. Berne leur seconde patrie, commençait vraiment à être en mauvaise posture dans le Pays de Vaud. Et eux, si liés à l'oppresseur... Ils prirent les devants, tentant de sauver ce qui pouvait l'être. Pour trente-six mille et quelques centaines de florins, Wolfgang de Chevilly, trésorier du Pays de Vaud, vendit à ses sujets de l'endroit les terres qu'ils cultivaient. Puis. fièrement, il décida de vivre désormais loin de ces ingrats Vaudois qui reconnaissaient si mal la paternelle bonté de leurs dirigeants.
Son cousin Philippe de Lussery, lui, ne possédait pas pareil esprit de corps. Sans doute assez désabusé - il avait eu des malheurs conjugaux - ii parait s'être laissé porter par les événements. Etait-il réellement pauvre, ainsi qu'il ressort des indications fournies à son sujet - et faire figure de pauvre, aux yeux de la noblesse bernoise, devait être la pire tare qui soit - ou bien, ayant décidé de passer dans le camp vaudois voulut-il, par astuce, éviter le séquestre de ses biens ? On ne sait. Quoi qu'il en soit, Philippe, seigneur de Lussery, fut le dernier des Gingins qui régna sur les coteaux de la Venoge ! Déliés, Lussery et Villars formèrent deux communes. Bonnes voisines, mais chacune chez soi, ainsi qu'il sied, lorsqu'on veut vivre en bonne harmonie. M. B. |
